Gonfler le prix de sa maison, mauvaise décision
Le 9 juin 2009 par Jérôme Ringuet - Publié dans Conseil DuProprio (vendeur) |Vous n’êtes pas pressé de vendre et vous vous dites que si vous êtes assez patient, vous allez pouvoir avoir «votre prix». D’ailleurs, vous demandez un montant plus élevé que la valeur marchande en vous disant que vous avez tout votre temps pour trouver un acheteur assez enthousiasmé (ou assez fou) pour payer le prix que vous affichez.
Désolé de vous décevoir, mais vous n’avez pas la bonne stratégie.
«Courir après le marché»
Un collègue anglophone a trouvé une bonne expression pour qualifier cette approche. Il appelle ça «chasing the market». L’expression se traduit mal. En bon français, on dirait quelque chose comme «courir après le marché».
En somme, cela signifie que le vendeur consacre beaucoup plus de temps et d’efforts à la vente de sa propriété dans l’espoir d’en obtenir un prix qui n’est pas réaliste.
Ce collègue m’a raconté qu’au moment où il a mis sa maison en vente à 240 000 $, un voisin en a fait autant mais en demandait 360 000 $. Le hic, c’est que les deux demeures étaient similaires.
Pas d’acheteur
Il s’est évidemment passé ce que vous imaginez. Alors que le premier a vendu sa maison dans un délai raisonnable, son voisin a dû se rendre à l’évidence : les acheteurs n’étaient pas au rendez-vous. Pas d’appel, pas de visite. Bref, le calme plat.
Le proprio ambitieux a finalement baissé son prix pour rejoindre la réalité du marché et enfin réussir à vendre.
Des dangers
Outre l’allongement du délai de vente, le propriétaire qui choisit cette méthode risque de se retrouver devant d’autres problèmes.
D’abord, une propriété qui reste très longtemps sur le marché rend les acheteurs méfiants. Ils se disent que si la demeure ne se vend pas c’est qu’il y a une bonne raison. Et à partir de là, toute la place est libre pour la spéculation : «La maison a-t-elle été convenablement entretenue ?», «Est-ce qu’il y a des travaux importants à faire ?», «Est-ce une maison à problèmes ?» etc.
Pour la plupart des acheteurs, quand une maison reste trop longtemps sur le marché, il y a forcément anguille sous roche.
Prêt refusé
Aussi, la banque (ou l’institution prêteuse) exige parfois qu’un évaluateur agréé spécialement mandaté évalue la valeur de la propriété avant qu’un prêt soit accordé. Et dans le cas où le prix de vente est supérieur à la valeur marchande, la banque peut refuser d’effectuer le prêt.
En somme, quand vient le temps de fixer le prix de vente de sa maison, il est toujours préférable d’être réaliste. Demander un prix trop élevé ne fait que retarder la vente.
Pour en savoir plus :
Sur DuProprio.TV :
Pourquoi faut-il éviter de gonfler le prix de sa maison »»»»
Ma banque veut évaluer ma future maison, est-ce normal ? »»»»
